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Compte rendu de la réunion publique sur le thème ; "la vente directe VS La ferme du Sart"

Grande distribution, vente directe à la ferme, ou AMAP : des logiques différentes.

Quels sont les intérêts en jeu pour les producteurs et les consommateurs ?

C’était annoncé sur le site de l’AMAP; la Confédération Paysanne Nord organisait le 18 février 2009 une rencontre entre citoyens agriculteurs, consommateurs et élus sur le thème : "quand on est paysan et qu’on pratique la vente directe, comment réagir face aux projets comme la ferme du Sart ?"

De quoi s’agit il avec la ferme du Sart

Ce nouveau concept de distribution vise à proposer aux consommateurs une sélection de produits issus principalement d’exploitations agricoles de la région d’implantation. Il cherche à s’inscrire dans la tendance appréciée par le consommateur urbain du respect de l’authenticité, d’envie de terroir, de limitation des frais de transport, de respect de la planète et de l’environnement et d’un bon rapport qualité-prix. Pour alimenter la promotion de la marque et de sa renommée, le magasin est implanté sur  des terrains proposés en contrat d’exploitation à des personnes ayant le statut d’exploitant agricole. Ceci constitue le décor du magasin, tout comme les chèvres et les poules qui circulent sur les parkings, ou les cours de cuisine proposés à la clientèle.
Cependant les produits de l’exploitation d’implantation représentent une faible proportion des produits distribués (2% dans le cas du magasin de Villeneuve d’Ascq). Le reste des 400 références provient soit de producteurs régionaux (17), soit d’autres fournisseurs de l’agro-alimentaire(46). A noter que le concept privilégie les exploitations en mesure de fournir de gros volumes ; il fait la part belle aux produits vendus sous la marque « la ferme » ce qui permet de changer de fournisseurs en cas de désaccord et de maintenir le produit en rayon. La Ferme du Sart a accueilli 750 000 visiteurs sur une année.

Pourquoi tant d’inquiétude chez les producteurs locaux

Les expériences de « partenariat » avec la distribution ont laissé un goût amer chez les exploitants présents ; ceux-ci se sont repliés pour partie sur la vente directe, et pour autre partie sur les grossistes (ce qui leur permet de maintenir des marges plus confortables qu’avec la grande distribution). Quand on confie la distribution de ses produits à un intermédiaire, c’est autant de valeur ajouté que l’on ne peut pas conserver sur l’exploitation et c’est autant de coût que l’on doit répercuter sur le consommateur.

L’initiative du créateur du magasin «la ferme du Sart » à Villeneuve d’Ascq, Mathieu Leclercq, inquiète les producteurs : les consommateurs pourraient déserter leurs points de vente à la ferme situés dans les zones péri-urbaines au profit de cette nouvelle forme de distribution  réputée attractive ; d’autant que Mathieu Leclercq veut développer des projets de même type sur l’ensemble de la région Nord Pas de Calais et particulièrement sur la métropole lilloise ; ainsi l’emprise de la grande distribution pourrait s’étendre maintenant au foncier agricole.

Dans les AMAP nous ne partageons pas les mêmes valeurs

Les mécanismes de distribution sont simplifiés à l’extrême ; ceci se répercute sur le rapport qualité-prix ; le volume de production est garanti au producteur par les consommateurs associés et en contact direct avec le producteur.
André Anckière producteur de lait, fromages, moutons près de Maroilles dans l’Avesnois est soutenu par une AMAP pour une activité complémentaire de production de légumes.
Les prix de référence pour les abonnements sont fournis par le GABNOR par ailleurs promoteur de la coopérative Biocabas.
Dans le cas de l’AMAP des Weppes avec Romuald Botte, le mode de fixation des prix et des revenus résulte intégralement  et uniquement de la prise en compte des charges d’exploitation.
Il s’agit d’agriculture biologique, ce qui offre évidemment un plus pour les consommateurs avec des prix voisins de ceux de l’agriculture conventionnelle.
Pour le producteur, c’est la garantie d’un revenu connu d’avance une fois les coûts de fermage pris en compte et la possibilité de garder son libre arbitre sur la façon de gérer l’exploitation.

Perspectives

L’affectation des terrains disponibles sur la métropole lilloise est en débat actuellement à la Communauté Urbaine notamment pour les terrains communautaires et ceux propriétés des CCAS dans les communes ; on comprend que les élus politiques , ceux de  la Chambre d’agriculture et ceux de la Chambre de commerce et d’industrie vont entrer dans un nouveau round de débats sur lequel les consommateurs devront peser de tout leur poids : Lille Métropole, c’est un million d’habitants. Il faudra choisir entre la grande distribution, la vente directe ou les AMAP quand il s’agira de faciliter l’accès à la terre (fermage, vente, échange de terrain…), et les arguments seront le rapport équitable entre la qualité et les prix dans le cadre des circuits courts.

Par les temps qui courent, les messages publicitaires tournent beaucoup autour des prix bas.

Les prix modérés peuvent rimer aussi avec qualité et même bio; c’est une question d’organisation de la chaîne producteur – consommateur ; les AMAP's présentent l’avantage d’être équitables pour les deux parties.

Christian qui représentait l'AMAP à cette réunion


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